MonDe ETRanGe ET
...
billet 5
Petros
moella quéqueva stosi ?...
Quès aco ce charabia ? C'est de " l'Etranger pardi
!
Et en
traduisant cela donne :" Et la p'tite santé comment
ça va ? ".
De
l'Etranger d'accord, mais de quel pays ?
Peu importe le
pays, de l'Etranger c'est de l'Etranger, c'est comme ça, on
n'y comprend rien et c'est d'ailleurs à ça qu'on le
reconnaît. De plus, il faut bien se dire que les étrangers sont de plus en plus
nombreux, ils deviennent exigeants au point de vouloir les
mêmes droits que les français d'origine, et vu les
difficultés que rencontrent nos propres enfants, il y a de
quoi s'interroger.
Je crois qu'il faut
avoir le courage de dire la vérité aux
françaises et aux français, à savoir que
notre pays ne peut pas accueillir toute la
misère du monde, non ? Le bon sens veut que chacun
puisse vivre dans le pays où il est né, ce qui
n'empêche nullement les relations de bon
voisinage.
Et
n'allez surtout pas croire que je suis atteint par une
quelconque poussée de xénophobie, mais nous en sommes
arrivés à un stade ou nous devons prendre des mesures
de fermeté, impopulaires peut-être, pour le plus grand
bien de nos compatriotes.
STOP
!!!
J'arrête là le
délire... Les propos obscènes que je viens
d'énoncer, vous les avez déjà entendus quelque
part, ou du moins quelque chose qui y ressemble, et si ce
n'était qu'une seule fois...
Pour celles et ceux
d'entre vous qui s'intéressent à l'étude de
l'Histoire, celle-ci nous enseigne que les Etrangers sont trop
souvent les victimes expiatoires d'Etats dont les gouvernements
connaissent de grandes difficultés, sociales et
économiques le plus souvent.
En désignant les étrangers comme
responsables de la plupart de nos maux, nous les offrons en
pâture à la vindicte populaire qui se venge, à
bon compte, de ses propres souffrances, Surtout ne pas voir ce qui
se trame dans les coulisses de la
république...
Et nous savons,
pour notre propre malheur, jusqu'où peuvent mener tous les
débordements populistes. Le discours officiel nous sort
toujours la même rengaine, il est plus facile de faire
semblant de s'attaquer aux causes apparentes d'un mal plutôt
qu'à ses racines profondes. Il sera toujours plus facile de
s'en prendre au pauvre bougre sans papiers, dont le seul tort est
d'avoir voulu tenter sa chance dans un Pays de cocagne, alors que
chez lui, tout n'est souvent que désolation et
régime politique autoritaire.
Certains d'entre
eux sont hébergés par des marchands de sommeil
où ils doivent payer des loyers à des prix
prohibitifs, entassés a plusieurs dans des espaces où
règne une hygiène plus que douteuse, et le peu
d'argent que leur rapporte leur travail (au noir ?...), c'est pour
en redistribuer une grande partie à leurs familles
restées au pays.
Et d'aucuns
voudraient nous faire croire que ce sont ces gens là qui
risquent de déstabiliser notre pays?
Nous n'avons même pas la décence la
plus élémentaire à l'égard des
ressortissants de nos anciennes colonies, que nous avons
pillées allègrement, avec toute la bonne conscience
qui était la nôtre...
Ho! Bien sûr,
il y a de temps à autre de grandes envolées
républicaines, faites devant les caméras pour le
passage au " Vingt-Heures " de préférence, pour nous
exhorter à la solidarité nationale, au devoir de
mémoire, à notre sens du respect et des valeurs, car
il faut être "Clean"pour pouvoir donner des leçons aux
autres Nations...
On ne demandera jamais leurs papiers à
Messieurs Dollar ou Euro jamais ils
ne connaîtront les affres des centres de
rétention, où des hommes et des femmes sont en
attente de décisions judiciaires qui les conduiront
immanquablement au pied des passerelles, menottes aux
poignets, pour prendre l'avion du retour, avec ce glacial sentiment
de solitude dans le cœur, qui font de ces Etrangers
coupables, des êtres de nulle
part...
Parmi toute cette
désespérance humaine, il est une chose qui me fait
craindre pour l'avenir, c'est l'état d'indifférence,
voire d'anesthésie, dans laquelle certains de nos semblables
paraissent avoir sombrés.
A force de
côtoyer les horreurs du monde au quotidien, les " On n'y peut
rien, c'est comme ça ! " s'inscrivent en lettres sombres sur
les écrans de nos boîtes à
images...
Heureux ceux qui parmi nous disposent encore de
leur sens critique et d'une bonne dose d'utopie pour le cas
ou... Nous sommes entrés dans une nouvelle ère
ou nous devons trouver de nouvelles formes de
résistances.
Tahar Djaout,
écrivain et journaliste algérien, assassiné
par des extrémistes en 1993, écrivait
ceci:
"Le
silence, c'est la mort. Et toi, si tu parles, tu meurs. Si tu te
tais, tu meurs. Alors parle et meurs ".
Les oppressions, d'où qu'elles viennent,
visent à supprimer le pouvoir de la parole, alors nous
devons semer autour de nous, encore et encore, et si ce n'est pas
nous qui serons présents pour la récolte, ce sera nos
enfants ou nos petits enfants, nous devrons tenir coûte que
coûte et surtout ne rien lâcher. Et pour ce qui
est de résister, beaucoup parmi vous savent ce que cela veut
dire. Parmi les faits divers qui envahissent notre quotidien, j'en
ai retenu un, entendu récemment à la
radio , pouvant illustrer en partie mes
propos.
Walid a douze ans aujourd'hui, il est
né en Algérie à Annaba, ville
côtière du nord-est du pays. Walid est atteint d'une
maladie génétique rare, Xeroderma Pigmentosum, plus
connue sous le nom de " la maladie des
enfants de la lune".
Des mots
qui sonnent comme de la poésie, comme un conte pour
enfants sages, mais il s'agit bien d'une terrible maladie qui se
développe dans la petite enfance. Elle se manifeste par des
cancers multiples de la peau à la moindre exposition
à la lumière solaire ( d'où son nom
).
Pour vivre, ces
enfants doivent être protégés des pieds
à la tête en cas d'exposition à la
lumière, mais les rayons du soleil pénètrent
à travers les vêtements, c'est donc une tenue
spécialement adaptée qu'ils doivent
porter.
D'autre part, les
logements doivent être équipés de protections
empêchant la lumière de rentrer, c'est donc une vie
bouleversée à laquelle sont confrontées les
familles touchées par cette maladie, et
Walid restait cloîtré chez lui auprès de ses
parents.
En Algérie, il n’existe pas de
structure pouvant recevoir les enfants atteints par cette
maladie, or, grâce à l’intervention
d’un organisme humanitaire, la possibilité est
donnée à cette famille de venir en France, à
Marseille, où des soins adaptés peuvent être
dispensés, de plus Walid pourra être scolarisé
dans de bonnes conditions, ce qui n’était pas le cas
à Annaba.
Walid arrive donc
à Marseille en 2006 accompagné de sa mère, la
loi exigeant que seul un des parents puisse venir en France, tout
semblait se passer au mieux pour Walid et sa mère. Chaque
année il passait devant une commission médicale,
présidée par un médecin inspecteur de la
Ddas,qui donnait son feu vert pour que Walid puisse continuer
à être soigné sur notre
territoire.
Fin 2007
l’accord est à nouveau reconduit, puis, sans que des
raisons officielles soient avancées le médecin de la
Ddass revient sur sa décision et annule son autorisation.
Dans la foulée, un avis de la
préfecture suite au refus de l’avis médical,
décide de ne pas renouveler l’autorisation de
séjour, assortie d’une obligation de quitter le
territoire français dans les plus brefs
délais…
L’explication
donnée par un responsable de la préfecture est la
suivante, « … grâce à la vente
pétrolière, l’Algérie renforçait
son dispositif médical, et que par conséquent
l’enfant pouvait bénéficier d’un
traitement dans son pays d’origine, et que rien ne
s’opposait dès lors, à son
retour… »
Les fonctionnaires
de l’Etat français ne sont pas allés
vérifier sur place si l’Algérie
s’était dotée des structures d’accueil
nécessaires pour Walid, mais une autre
explication nettement moins glorieuse peut être
apportée.
Puisque la chasse aux clandestins bat son plein,
et comme les préfectures sont soumises ( pressions aidant )
à une obligation de résultats, des exemples comme
celui de Walid et de sa mère ne nous sont plus
aujourd’hui, hélas,
« Etrangers »…
Je ne peux pas
imaginer une seconde que Walid et sa mère seront
expulsés, plusieurs recours en justice sont actuellement
à l’étude, mais ce cas traduit bien le malaise
qui gagne actuellement notre société, et si nous
n’y prenons garde nous allons au devant de très gros
ennuis.
Quelle belle chose
que la solidarité entre gens qui
souffrent…
Je terminerai sur
une rumeur qui circule actuellement et qui est la
suivante :
« Les Caisses de l’Etat sont
vides ! », rassurez-vous car il s’agit
d’un faux grossier, en effet notre pays figure toujours, au
moment ou j’écris ces lignes, parmi les cinq plus gros
exportateurs d’armes à travers le
monde, et un pays qui vend des armes ne peut pas avoir les caisses
vides, en revanche, que les richesses soient mal réparties
ça je veux bien vous l’accorder.
Une dernière
chose, avant de remiser ma lame au fourreau, poussez la
curiosité en allant vous renseigner sur le rapport annuel de
la cour des comptes, de même que sur les derniers promus de
la « Légion d’Honneur », vous
verrez c’est très édifiant et on apprend plein
de choses…
Et un dernier mot
de mon ami Virgil, roumain d’origine mais rassurez-vous il a
obtenu sa naturalisation depuis longtemps, « Tu sais gab, tout le mal qu’on se
donne pour vivre ne sert pas à grand chose, mais ça
fait tellement de bien
d’essayer… »
Alors
essayons, après on verra…
Grosses bises à et à
bientôt.
Gab

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