Ce soir, une
envie me traverse,
Celle de dire, d'établir
un lien de vérité, ... Un lien
réclamé par ma maman ...
Pourquoi cette envie ?
Sans doute parce que ce soir
un brin de femme auquel
je tiens beaucoup,
S'est exprimée dans
cette sphère,
Et m'a replongé sur le
fil de ce bout de vie
conté.
J'ai déposé
mon témoignage en avril
O7, du
haut
d'une Stefou Conte et Contre la Sphère des
Pédophiles
Aujourd'hui celle qui en
écrit la suite est
Une maman qui dénonce l'inconcevable "Enfants
Marchandises Sexuelles"
Tant
et Tant de choses découvertes de la puanteur,
Besoin de déposer ce lien de
vérité pour qu'il soit
dit...
Sans doute suis je
traversée par
une
inquiétude de ne pas toujours pouvoir le
dire
Alors pour toi
maman,
Un bout
de ce que j'ai pu comprendre de notre passé si
présent
Ou bien
de ce que j'ai bien voulu en
entendre
à la suite de mon
témoignage.
- article publié le 07 AVRIL O7 -
« Stefou
Conte et Contre la Sphère des Pédophiles….
Gare à
Vous »
NON à l’Inceste, NON à la
Pédophilie, NON aux Abus Sexuels
Mon
Témoignage … Qui je suis …
Je suis Stéphanie, j'ai 34 ans
aujourd'hui
avec deux jolies gazelles de 15 et 9
ans, mes filles.
Je reviens de
loin...
d'une
adolescence salie... pour des caresses incestueuses d'un beau
père...
de tentatives de suicides... Merci à Papa
de m'avoir sauvé, Merci à V. de m'avoir sauvé,
Merci à P. de m'avoir
sauvé...
De ces nuits, je me souviens juste d'une chose,
où plutôt envie de n'en dire qu'une seule chose, une
phrase... "j'aime bien votre famille, je t'aime Stéphanie,
tu es belle, j'aime bien tes petites sœurs "... Ho pardon C.
et E. mes jolies sœurs de vous avoir tant mis de
côté, fait tant de mal... Il ne
fallait pas m'approcher, vous étiez en danger vous
aussi.
De mon adolescence, un souvenir incessant... Ma
meilleure amie... Je lui cours après dans le couloir de
l'appartement avec un sabre caché sous mon oreiller... De
toutes mes insomnies, de mes petits bouts d'endormissement, au
réveil, je ne devais plus avoir sans doute de
repères... Ho pardon A. mon amie.
D'un soir, un souvenir qui me brûle... Ma
maman... Ses bras... "Maman sauve moi, je
suis alcoolique". Quel âge j'avais maman... T'en
souviens tu?? 14 ans je crois... Ho pardon maman de ne pas t'avoir
parlé plus tôt. Je ne sais pas... Je ne sais
plus...
De ma famille, de la tendresse que je criais par
de la haine... Des cris, personne ne pouvait comprendre ce mal
être, personne. Je faisais partie de ces ados rebelles. Je
buvais, je fumais, je devenais vulgaire, je haïssais cette
société, cette vie. De ce côté rebelle,
le jour où j'ai parlé sur mon lit d'hôpital,
plus personne ne pouvait me croire. Ni psy, ni cette maison de
centre d'ados, ni maman !! J'avais tellement
bien construit ma force !! Comment une rebelle pouvait
tenter de mettre fin à ses jours.
D'un collège de bien être...
Où je pouvais m'endormir sur la table pendant les cours. Je
devenais silencieuse... Cela devait arranger les profs que la
rebelle dorme !! Merci à tous ces profs si loin des
problèmes d'ados, plongés dans les programmes... Mais
quoi qu'il en soit, qui ont permis que je puisse tenir
debout.
ET
PUIS
Un soir, il a avoué... Je suis allée
du haut de mes 18 ans ou 19 ans ou 20 ans… Tout est si
flou… En hurlant, dans le restaurant où il
travaillait avec maman, il s'est enfui, on ne l'a plus jamais
revu...
Ce soir là, je me suis sauvée
de son emprise psychologique, balayé de ma
tête.
Il avait AVOUE.
Je pouvais regarder les psy rencontrés
depuis 6 ans qui ne pouvaient plus croire à un mensonge, le
collège, les amis... Ma famille s'est retrouvée face
à l'évidence.
Pauvre papa, je pense à toi. D'un divorce avec
maman qui se passait bien, il a fallu qu'on salisse ta fille. Ho,
si tu savais comme je te comprends papa... J'entends encore
aujourd'hui ton silence, je vois ton regard vide, et tes traits de
visage en colère.
A 18 ans, sans amour, j'ai
rencontré un homme qui me sauvait d'une cabane où je
ne voulais plus vivre... est née ma première
fille T... j'avais 19 ans.
A ses 1 an le jour de son anniversaire, je suis
partie ensanglantée avec elle sous les bras avec l'aide de
la police, les coups devaient cesser !! Le coup de trop où
T. a eu le droit à sa part, étant blottie dans mes
bras.
ON NE TOUCHE PAS A MA
FILLE.
Réfugiées chez ma maman, où
nous étions tellement toutes abîmées, toutes,
mes sœurs, maman, moi...
Maman croulait sous les dettes du restaurant,
chose évidemment que je ne peux me
pardonner.
Stéphanie tu as parlé... L'homme a
fui... Et laisse ta maman et leur affaire commune en plan, ce
« putain » de restaurant... Et lui que paye t
il ?? Si loin de tout...
Mon regret maman... Pas de plainte... Pourquoi ??
Jamais je n'ai compris cela... Jamais !! Mais tout est si flou..
Tout... Peut être me l'as tu proposé... Je ne sais pas, je ne sais
plus...
Donc après très peu de temps,
où notre cohabitation n'était plus possible dans
cette maison, je suis partie avec ma fille T. dans une maison de
femmes battues, loin de tout.
Je ne veux plus penser, je ne veux plus voir, je
ne veux plus sentir, je veux
partir.
J'y suis restée 3
mois sans doute, peut être moins, tout est si
flou...
PUIS
A 20 ans, j'ai trouvé un travail, une
raison de me battre dans les droits de l'enfant, une
association.
La vie était tranquille, douce, jolie...
Les fantômes étaient dans un
placard.
J'ai rencontré l'homme de ma vie à
l'âge de 22 ans.
Un amour véritable. Sans lui je
n'étais rien.
Nous avons eu M., ma deuxième
fille.
T.
avait alors 6 ans.
Quel homme formidable, père exemplaire, qui
venait dans mes actions défendre la convention des droits de
l'enfant, qui avait pris un congé parental, qui aimait T.
comme sa propre fille.
Un délice de vie en
sorte.
Même si moi j'avais du mal à
aimer... Je l'aimais... Quoi qu'on en dise, qu'on en pense, j'ai
aimé cet homme, je le sais.
Puis les fantômes sont
revenus.....
T. avait alors 11 ans, je fumais une cigarette sur
la terrasse. La fenêtre de sa chambre donnait au
dessus.
Un avion en papier atterrit sur mes
genoux.
Je le déplie.
Maman, j'ai
peur
Il me l'a fait 2
fois.
Ce jour là, je suis
morte.
Je
monte dans la chambre, regarde T., lui
dit:
"T., tu le sais ma belle, que ce que tu dis est
grave, tu le sais, maman t'a dejà tout
expliqué."
"Oui maman" me répond t
elle.
En 5 secondes j'ai pris mes deux filles sous le
bras, regardait en partant l'homme de ma vie endormi sur le
canapé, et alla me réfugier chez ma sœur
C.
Ma pauvre sœur... Le
cauchemar recommençait... Ce n'était pas
croyable... Pas lui, pas cet homme... Pas le père de
M.
C'était impossible
!
Sortant d'une bataille acharnée dans les
tribunaux pour la garde de ma fille T., pour la protéger des
coups de son papa, je connaissais déjà les
difficultés qui m'attendaient. En 10 minutes je ne voulais
qu'une seule chose : DES AVEUX devant témoins. Il fallait
trouver une solution.
Je retourne dans ma maison avec ma sœur
C.
Le père de M. était debout dans la
cuisine, devant le frigo.
Je le regarde, il voit dans
mes yeux sans doute une chose jamais vue. Se met à
trembler et me demande ce qui se passe.
Je le regarde, je lui mens : "T. est à
l'hôpital, elle a tout avoué, je veux savoir, je ne
veux pas l'apprendre de la bouche des médecins, je veux
t'entendre, OUI OU NON, as tu abusé de
T.??
Je suis morte.
Le père de M. s'écroule, pleure et
AVOUE et ne sais dire qu'une seule chose: "je ne pensais pas lui
faire de mal"
Je le regarde, lui demande de partir, de quitter
les lieux... et TRES VITE.
J'ai senti cette haine, je l'ai senti, si
présente... L'envie de
TUER.
Souvent elle me traverse, cette envie est toujours
la, omniprésente. Elle plane sur
moi.
Quand tous les jours on vit les
dégâts irréparables de nos enfants... Elle ne
peut pas vous quitter.
Je le sais comme une
évidence.
Suite... Plainte... Tribunal... et
découverte de toutes les injustices des couloirs de la
Justice.
Plus jamais je ne me tairais... Plus jamais
!!
A l'action je veux passer.
Je veux me battre au nom
de mes filles. Au nom de l'action. Au nom de tous les
enfants.
Je peux témoigner en tant que victime, en
tant que proches de victimes, je peux parler des procédures
judiciaires, de tant de
choses.
_________________
Adolescente... l'Inconcevable m'a
touché,
Enfant... l'Inconcevable a touché ma
fille,
Voleurs d'Insouciance... Je brise la
chaîne.
Plus Jamais.
- Le samedi 19 janvier
08 -
"Sur le Fil
du Passé"
Ce
témoignage déposé qui peut paraître
anodin, perdu parmi d'autres témoignages, ne l'a pas
été pour tout le monde.
Ce
bout de vie conté... m'a mené
à en discuter avec ma maman... à nous
rencontrer et poser des cartes
"vérités" sur la table.
J'avais besoin
de savoir tout ce que j'avais gommé de ma tête. De
comprendre. D'en
apprendre.
Elle
avait besoin de vider tout ce qu'elle avait de non dit.
Porter plainte, elle a voulu le
faire.
Je
m'y suis opposée.
J'ai
attendu d'avoir 18 ans pour dénoncer car je savais qu'elle
ne pourrait pas le faire à ma place.
Sans
doute échaudée d'un psy qui a crié à ma
mère que je mentais dès ma 1ère
dénonciation et qui m'a coûté cher.
Je
me souviens des séances interminables avec cet idiot de
base.
Il
disait à ma mère: "Votre fille a des lectures bien
noires, elle fabule, il faut la faire soigner, elle dénonce
que votre ami vient dans sa chambre !!"
Elle a souffert
Du moins, que
doit on penser d'une maman qui reste près de sa fille
plongée dans un coma profond, où les médecins
demandent tous les jours de lui parler sans se lasser ?
A ce moment de
vérité qui fait mal, je n'ai pu qu'imaginer alors ma
propre fille dans cette situation de "mort" et cela a
provoqué l'inimaginable en moi. La souffrance de perdre son
enfant.
Je sais avec évidence
que ma mère a souffert.
Je
n'arrive pas à m'oter de la tête cette
question
Comment une maman peut laisser si longtemps son enfant en
souffrance
après une dénonciation.
Dans le bénéfice du doute, ne cherche t-on
pas à creuser la vérité ?
Des tentatives de
suicides, de l'alcool ?
Je ne parle pas d'une maman qui n'a rien vu mais d'une
maman qui savait
Moi même
je n'ai rien vu pour ma propre
fille
Mais merde
Je l'ai cru, j'ai
agi et aujourd'hui on vole
Je
réfléchis à ce qui a pu bloquer ... Et ce que
j'en pense j'en ai honte.
Attention, je parle de ma maman...
Mais cette question peut être
posée à bien des membres de ma
famille
ELLE, a au
moins le courage et la volonté de vouloir m'affronter pour
en parler
Pour cela
MERCI maman
J'ai BeAuCouP
Changé...
Si je
m'éloigne, c'est que je n'ai plus le temps de me
rapprocher
TRoP de
TemPs écoulé... Peut Etre que l'EnVie elle aussi est
morte.
Mais on y arrivera.
Ce témoignage n'est pas déposé pour
intenter un procès à ma maman ou ma famille, bien au
contraire...
Je souhaite qu'il permette "aussi" de comprendre la
complexité de nos émotions, de ce que l'on ressent,
victimes et proches de victimes.
Rien n'est simple, et personne ne détient les clefs de
reconstruction.
Pour ma part, je connais la chance inouïe... D'avoir ma
famille auprès de moi.
Beaucoup se sauvent des vérités
contées.
Stéphanie
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